Avis de lecteurs

Calie

Ce recueil de quatre nouvelles est indéniablement surprenant. Chacune d’elles nous offre une vision atypique de la mort.
Quatre personnages, quatre histoires mais une vision commune de la mort. Pas une fin en soi, un passage vers une autre vie, un lieu plus paisible, un univers d’amour…
J’ai été particulièrement touchée par Chute céleste. Le jeune homme a découpé pour nous sa vie en trois parties, sa conception et sa vie de valide,sa vie d’invalide, pour finir par la dernière étape qu’il nous raconte jusqu’à la fin, nous découvrons un homme décidé et convaincu d’avoir fait le bon choix. Ce choix, c’est celui de décider lui-même de quand et comment il doit passer vers l’autre monde. Un monde paisible d’amour, bien différent de son quotidien. Malgré les supplications de la femme qu’il aime il tient ses positions, gardant la conviction de la retrouver plus tard dans l’autre vie. J’ai aimé la vision qu’il a de sa propre mort, comme une renaissance.
Cette conviction que la mort n’est qu’un passage vers quelques chose de meilleur, une autre vie, est partagée par tous les protagonistes de ce recueil. L’auteur nous amène à réfléchir sur les croyances populaire autour de la mort et la peur qu’elles engendrent. Est-ce bien justifié? C’est la question que je
me suis posée.
Nos esprits, formatés par les légendes effrayantes tel que l’Ankhou ou la grande faucheuse, inquiétés par nos corps déclinant au fil des ans, nous amènent à voir la mort comme une fin définitive, angoissante et donc effrayante.Ce livre m’a fait du bien, il m’a offert une alternative bien plus réjouissante de la mort, mais cela tient certainement au fait que j’aime la vie, bien plus à présent que je sais pouvoir imaginer une suite à la fin.

En bref :

J’ai beaucoup aimé.
La présence des magnifiques paysages bretons ne gâchent rien. Parole de bretonne!

Source : http://calieselivre.blogspot.com/2011/11/jai-lu-delivrances.html?spref=fb

Marc Varence

En cette période d’Halloween, le thème du recueil de nouvelles de cet auteur talentueux tombe à point nommé : la Mort ! La Faucheuse ! Et il y a de quoi raconter à son sujet. A publier en recueil ou séparément en revue, ces textes n’ont rien d’épouvantable, que du contraire. Certes, l’auteur a conscience de marcher sur des œufs, mais sa plume se veut chargée à l’encre émotionnelle et joue sur la fibre romantique et sensible de la gent féminine.

Certaines de ses nouvelles nous apportent des fragrances iodées, des bruits de vagues qui s’éclatent sur les galets des côtes normandes et bretonnes, et confèrent au décor un rôle putatif, comme un spectateur pas si neutre que cela.

Noann Lyne est un jeune auteur belge. Il réside à Liège, la Cité ardente qui abrite tant de talents artistiques. Ce n’est pas la ville de Georges Simenon pour rien.

Daniel Fattore

On se dit en effet souvent que la mort est un passage pénible, difficile à vivre tant pour celui qui y passe que pour ceux qui l’entourent, voire l’aiment. Sujet délicat, donc! L’auteur retourne la question en se demandant si, au contraire, la mort n’était pas, finalement, un passage agréable, voire souhaité par celles et ceux qui trépassent. Le lecteur est averti d’emblée: certaines scènes sont déstabilisantes…

Souhaitable, alors, la mort? Embarquons dans le navire de l’auteur. Celui-ci met en scène des scénarios ayant trait à l’euthanasie ou au suicide – des thèmes attendus, mais abordés avec pertinence afin de secouer le lecteur, de le déranger fort à propos, dans une démarche littéraire pertinente où, à chaque fois, le personnage central est heureux de quitter son enveloppe de chair.

Première nouvelle du livre, « Chute Céleste » aborde la question délicate de l’euthanasie – belle entrée en matière! C’est avec beaucoup de pudeur que l’auteur en arrive progressivement à ce mot; il convoque aussi la difficulté de vivre qui caractérise le personnage principal de cette nouvelle, rendu inapte à toute communication verbale – ce qui le contraint, d’une part, à s’exprimer en clignant des yeux et, d’autre part… à jouer, et ce sera une constante du livre, la carte de l’introspection. Celle-ci convoque les quatre éléments: le ciel, ô combien désirable car lieu de destination de toute personne appelée à mourir, et l’eau (de mer), où s’achève plus d’une existence… mais aussi le feu, synonyme de l’âme, et  la terre, peut-être l’élément le moins désirable dans la mesure où il est synonyme de cailloux – et, sans doute, de la vie terrestre et de ses contingences.

La mer, élément de mort mais aussi élément de désir, est du reste un thème récurrent de ce recueil (voir la photo de couverture…), écrit par un homme qui semble connaître les vicissitudes de la vie d’un marin breton. Ainsi le personnage principal de « Désir ultime » rêve-t-il/elle du grand plongeon. Face à la femme qui souhaite ardemment se jeter définitivement à l’eau, on trouve un vieillard qui tient à la vie – contraste majeur, d’autant plus que l’une et l’autre sont présentés comme des archétypes hantant un décor si universel que chacun peut se l’imaginer. Celle que Paul Valéry présente comme « toujours recommencée » constitue également le point de départ de « Chute Céleste ».

Introspection, ai-je dit? Les personnages de l’auteur ont volontiers la parole, c’est vrai, et de manière diversifiée. L’auteur sait en effet les faire parler par quelques biais originaux et propices. Ainsi y a-t-il les lettres qui ouvrent la nouvelle « Du plus haut des cieux » ou celle qui constitue l’ensemble du texte « Lettre à toi mon Ange ». Introspections également dans les différentes interprétations de la vision chrétienne de l’au-delà, qui invitent le lecteur à donner, à son tour, un sens à ce qu’il adviendra de lui après son décès. La mort est-elle une fin ou un passage? L’auteur, formé aux écoles catholiques mais fort de son propre vécu, donne certes ses pistes, mais se garde bien d’imposer sa réponse. Est-ce que ce sera mieux « après »? Le passage sera-t-il difficile? Enfer, parads, purgatoire? Au lecteur de trouver sa voie.

François DP

Bonjour Noann, j’ai lu avec plaisir les derniers textes que tu m’as fait parvenir. Je dois t’avouer que je suis plus convaincu par ceux-ci que par ton roman Nymphes. En effet, celui-ci était bien écrit, mais il souffrait un peu de ne reposer que sur un seul personnage et comportait selon moi quelques longueurs, bien que l’atmosphère y est  bien construite et que le personnage principal soit séduisant. Les dernières nouvelles que tu as écrites ont profité de ton « expérience », elles sont d’un réalisme époustouflant, l’idée de la mort y est traitée d’une façon insolite, et j’avoue après l’avoir lu m’être fait une idée plus positive de la mort, au point que si j’étais dépressif tes textes m’aurraient peut-être poussé à avaler mon stock de benzodiazépine, comme le font certains de tes personnages. Le principe moteur commun aux textes, qui est de considérer la mort sous un autre jour que celui décrit par les religions, un jour plus positif, et le fait de considérer que la fin de la vie est le début d’un renouveau – cette considération qui illumine les textes leur donne une couleur particulière séduisante. (…)

Céleste

Un ravissement …

Malgré une thématique qui pourrait faire sombrer le lecteur dans la sinistrose, chaque nouvelle donne un message d’espoir et d’amour au-delà de toutes les frontières. L’auteur nous emmène en voyage entre la désespérance et la joie, avec des escales de méditation, de remises en question, de comptes à rebours, Par la beauté de ses mots il nous convainc que la mort n’est pas une fin mais plutôt un refuge, un espoir de célébrer des retrouvailles avec un être aimé, l’envie de cesser cette errance vers on ne sait quel bonheur, quel monde meilleur, moins cruel.

Une douce promenade dans les tréfonds de l’âme meurtrie, une recherche de sérénité, tel est le message très fort de l’auteur. Lorsque j’en ai terminé la lecture, j’ai versé une larme non pas de tristesse mais d’émotion.

Josy Malet-Praud

Un recueil de quatre nouvelles abritées par une très élégante couverture noire, joliment glacée avec, comme une fenêtre qui s’ouvre ou qui se ferme, la photographie d’une aurore ou d’un crépuscule sur la mer ? … C’est à vous d’en décider.
En quatrième de couverture, l’auteur annonce la couleur : elle est –noire-, il va vous parler de la mort. Petit ou grand frémissement, léger ou profond malaise. La mort, persona non grata dans nos sociétés occidentales où les désirs vaniteux d’éternité l’emportent sur la raison naturelle et l’intelligence. Car en effet, si certains la nie purement et simplement en plongeant la tête dans le sable comme le font les autruches, si d’autres tentent d’apprivoiser l’angoisse du néant qui s’y rattache en philosophant : « La mort fait partie de la vie…C’est dès la naissance qu’on commence à mourir ; dès le premier souffle, la vie n’est rien d’autre qu’une mort en sursis… » ; et si enfin, d’autres se rassurent, les yeux vissés sur le paradis ou la résurrection, il faut bien avouer que la mort n’a rien d’anodin et qu’elle nous obsède tous. La mort est un tabou, anxiogène à souhait, quelle que soit l’idée qu’on s’en fait. L’auteur en est parfaitement conscient qui, en préambule, prend soin d’avertir le lecteur : « le livre est déconseillé aux âmes sensibles, etc. ».

On sait à quoi s’attendre ?
Pas tout à fait. Car s’il s’agit en effet de nouvelles qu’on peut qualifier de –sombres- en référence au thème et aux mille raisons dramatiques et/ou douloureuses qui peuvent pousser l’homme à choisir de partir plutôt que de tourner en rond, on découvre vite que l’auteur propose un autre regard : la mort, non plus comme fatalité dramatique à laquelle tout un chacun tente vainement d’échapper, mais comme un départ programmé, désiré, réalisé comme un ultime voyage où l’espérance est loin d’être absente. Un départ pour autre chose, un projet personnel apaisant.
Certains objecteront qu’il s’agit là d’une dangereuse incitation à l’autolyse. Un remake de « Suicide, mode d’emploi » ? Non, l’auteur ne pousse personne à rien et ne révélera ni les dosages adaptés, ni la composition du cocktail lytique idéal.

Ce n’est pas ainsi que j’ai perçu les nouvelles de Noann Lyne. Manifeste en faveur de l’euthanasie ? Peut être, en un sens. Affirmation du libre-arbitre ? Sûrement. On nait sans choix et sans raison, on peut décider de  partir avec raison. Les personnages de « Délivrances » font ce choix et abordent le grand départ le cœur plutôt léger, l’espérance et la paix chevillées à l’âme.
Ces nouvelles sont exceptionnelles par les réflexions assumées qu’elles supposent, la liberté d’expression et le courage dont l’auteur doit faire preuve pour aborder publiquement de telles questions. Il le fait avec tendresse, tact et pudeur. Un auteur profondément humain, doté d’une grande sensibilité, qui sait ici s’adresser au lecteur, sans racoler, choquer ou provoquer, sur un sujet dérangeant, habituellement morbide, effrayant, et pour autant, inéluctable.

L’écriture de Noann-Lyne est précise, justement dosée, extrêmement sensible et belle. Un style personnel séduisant et convaincant. Un recueil destiné aux esprits non hermétiques, lucides et heureusement curieux des choses de la vie.

J’ai beaucoup aimé.

Le comité de lecture des éditions « la Lampe de chevet » :

Recueil un peu court même si le thème de la mort est délicat à traiter en de nombreuses nouvelles ; il aurait peut-être fallu 1 ou 2 de plus. Une écriture de qualité dans l’ensemble. Le sujet de la mort est traité de plusieurs façons (mais toujours dans une optique positive), comme il l’est écrit dans l’introduction. Mais ce thème commun à toutes les nouvelles peut éloigner le lecteur. A notre avis ce recueil peut être édité si l’on se concentre sur l’écriture. Par contre il faut se trouver dans un moment de sa vie très stable et serein pour pouvoir le lire.

Le comité de lecture des éditions Chloé-des-Lys

Nouvelles, pas toujours gaies. Thèmes variés. Dégagent beaucoup d’humanité et de paix.

Écriture fluide, facile à lire. On ne s’ennuie pas une seconde.

OK++++++++++++++++++++++++++